À l’invitation du RRQ, près de deux cents personnes se sont mobilisées pour dénoncer la nouvelle vocation de la Caisse de dépôt et placement et pour réclamer l’argent des travailleurs québécois misé et perdu par des joueurs canadiens qui s’en lavent les mains jusqu’aux oreilles. Les médias ont à peine effleuré le sujet. Radio-Canada a monopolisé, sur la question, une vingtaine de secondes de son précieux temps d’antenne. Cyberpresse a réduit la foule à des dizaines de personnes tandis que Canoe a mis l’accent sur la tournure indépendantiste de la manifestation pour en minimiser la portée : « Par ailleurs, Alain Giroux, un résident montréalais, se dit un peu étonné de l’ampleur « nationalisme-souveraineté » que prend la manifestation. « Je suis d’accord avec la plupart des grandes lignes que soulève cette initiative, qui s’oppose aux façons de faire de la Caisse et du gouvernement, mais c’est pas une marche pour l’indépendance. »
Il est également à souligner qu’aucun politicien n’était visible à l’horizon. La Caisse, c’est trop politique. Le Président de la SSJBM n’était pas non plus dans les parages, pas plus que M. Yves Michaud. 40 milliards $ partis en fumée, l’avenir financier des Québécois hypothéqué, ce n’est pas suffisant pour monter aux barricades. Pourtant, les 130 millions de dollars détournés par l’ancien patron de Norbourg, Vincent Lacroix, avaient semé l’indignation, une enquête avait été menée, des accusations portées, un homme condamné.
Après le référendum volé, ce sont les milliards envolés. Ce n’est pas un simple incident. Qu’on arrête de ramener des escroqueries d’une telle ampleur à des « épisodes malheureux ». Il faut en faire tout un plat. La Caisse de dépôt, les FIERS, la construction du MUHC, Rabaska, la dégringolade du français, ce sont nos affaires et ça commence à faire. Organisons une journée nationale de protestation.


