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Il y a au Canada un seul problème : l’autonomie des Québécois. La réalité de l’autonomie empoigne toute la vie politique. L’état d’esprit des Canadiens français est celui d’une minorité qui veut cesser de l’être. La colère est si grande qu’ils ont maintenant la volonté d’être autre chose que des hommes en colère. - André Malraux - 1963
             
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À chacun ses lapins
André Pratte
Éditorial - La Presse
vendredi 16 mars 2007


Depuis le débat des chefs de mardi, plusieurs observateurs ont comparé le "lapin sorti du chapeau" de Mario Dumont au coup qu’avait fait Jean Charest à Bernard Landry lors du débat de 2003 et qui avait déstabilisé toute la deuxième moitié de la campagne du Parti québécois. La comparaison ne tient pas vraiment.

En 2003, le chef libéral avait souligné une déclaration faite quelques heures plus tôt par Jacques Parizeau, déclaration où M. Parizeau avait semblé répéter ses propos controversés du 30 octobre 1995. C’est une manoeuvre à laquelle il y aurait eu une parade facile si M. Landry avait su que son prédécesseur avait fait cette déclaration. Mais il a été pris de court. Pire - et c’est surtout cela qui avait fait dérailler la campagne péquiste - le lendemain, M. Landry ne savait toujours pas exactement ce que M. Parizeau avait dit et était donc incapable de se tirer efficacement du pétrin. D’où le fameux "Audi alteram partem" qui a fait découvrir à plusieurs jeunes Québécois qu’autrefois, on enseignait le latin à l’école.

La manoeuvre de Mario Dumont était d’un autre ordre. Il ne s’agissait pas seulement d’embarrasser le premier ministre. Il s’agissait de laisser entendre que son gouvernement était responsable de l’effondrement du viaduc de la Concorde et donc, par sa négligence, de la mort de cinq personnes. Ce n’est quand même pas banal ! En plus, le chef de l’ADQ a cité seulement les phrases des notes de service étayant sa thèse en omettant le fait que les ingénieurs du ministère des Transports n’avaient pas jugé la situation assez préoccupante pour recommander des réparations. Si la manoeuvre de M. Charest au débat de 2003 était un coup bas, celle de M. Dumont était un coup vicieux. D’autant plus qu’il violait les règles convenues par les trois partis selon lesquelles aucun document ne devait être exhibé pendant le débat.

Hier, en point de presse, Jean Charest a répété que ce geste allait "suivre M. Dumont pendant toute sa carrière politique". On comprend la colère du chef libéral. Mais sa prédiction risque peu de s’avérer. Le premier ministre en est la preuve vivante. Alors qu’il était chef de l’opposition officielle, ses députés ont harcelé le gouvernement péquiste jour après jour, le rendant responsable de chaque décès, chaque chirurgie retardée, chaque bain non donné dans le réseau de la santé.

À toutes ces attaques, la ministre de la Santé d’alors, Pauline Marois, répondait avec indignation en affirmant que "lorsque la vie des gens est en danger, les médecins les traitent immédiatement". Ce qui ressemble étrangement à la réplique de M. Charest au "lapin" de Mario Dumont : le gouvernement ne prend jamais de risque lorsque la vie des Québécois est en péril.

À l’époque, les libéraux n’avaient aucun scrupule à agir comme si les membres des cabinets Bouchard et Landry avaient sciemment joué avec la vie des patients plutôt que commis des erreurs de bonne foi dans leur gestion du système de santé. Bien des commentateurs trouvaient cette tactique scandaleuse et irresponsable. Et pourtant, qui s’en souvient aujourd’hui ? Et Jean Charest est premier ministre.

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  • Coude à coude... à coude
    Kathleen Lévesque Le Devoir   24 mars 2007 
  • Alain Dubuc La Presse   24 mars 2007 
  • Mardi matin, en conférence de presse, Jean Charest avait affirmé que la marge de manoeuvre de 700 millions irait « à la santé, à l’éducation et à la fiscalité « s’il est réélu. Or, sur l’heure du midi, il a annoncé que cette somme servirait en totalité à baisser les impôts sous un gouvernement libéral.
    La Presse   22 mars 2007 
  • Michel Garneau Le Devoir   22 mars 2007 
  • The Toronto Star   22 mars 2007 
  • Le chef libéral défend le droit du Québec de dépenser les fonds fédéraux comme bon lui semble
    Kathleen Lévesque Le Devoir   22 mars 2007 
  • Jean-Jacques Samson Journal de Québec   22 mars 2007 
  • La marge de manoeuvre de 700 millions dégagée par la correction du déséquilibre fiscal annoncée lundi par le gouvernement fédéral sera affectée entièrement à la réduction des impôts de la classe moyenne à compter de janvier prochain, a promis hier Jean Charest.
    Le Devoir   21 mars 2007 
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