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"La Banalité du bien. Contre le culte des différences", de Guy Konopnicki
À bas la calotte !
Le Monde www.lemonde.fr
lundi 6 avril 2009


Cela commence comme une promenade de Parigot du côté des buttes Chaumont, le nez en l’air, au gré de ces rues qui furent le lieu de tous les brassages et qui sont devenues les chasses gardées des petites tribus black, beur ou "feuj" qui se partagent le territoire. Très vite, pourtant, la flânerie cède la place à une charge de sans-culotte, sabre au clair et laïcité en bandoulière.

Le dernier livre de Guy Konopnicki est d’abord un coup de gueule vigoureux, percutant et, ce qui ne gâte rien, non dénué d’humour, contre "ces groupes de gens, souvent confessionnels plus que communautaires, qui opposent leurs spécificités à notre bien commun". Notre bien commun ? Tout simplement cette France qui, la première, proclama l’égalité des hommes ; cette République qui s’est construite contre les deux "ordres" qui en combattaient le principe, aristocratie des nantis et clergés revanchards ; ce pays, enfin, où ses parents, juifs émigrés de Galicie, trouvèrent refuge avant la guerre, bien décidés à s’y intégrer et à permettre à leurs enfants d’oublier - grâce à l’école publique - non pas leur culture ou leur histoire, mais le ghetto et ses carcans. Ce ghetto, hier imposé dans le Yiddishland, et qui resurgit aujourd’hui, volontairement, sous l’oeil placide ou complaisant des responsables politiques.

Car pour Konopnicki, au-delà des imams ou des rabbins qui en font leur miel, les co-responsables de ce délitement du bien commun sont les élus de tout poil qui ont lâchement accepté, voire encouragé, ce culte des différences.

Depuis la Shoah érigée par Nicolas Sarkozy en "religion d’Etat" ou tout comme au mépris de l’enseignement rationnel de l’histoire, jusqu’aux repentances françaises qui nourrissent la concurrence des mémoires ; depuis les subventions municipales à des associations obscurantistes jusqu’au renoncement de la gauche à défendre fermement la laïcité et le "patriotisme républicain" prôné par Jaurès : tout contribue à "une régression qui nous ramène plus d’un siècle en arrière".

Sans occulter ses propres déconvenues - l’engagement communiste, l’aventure de SOS-Racisme - ni négliger les failles du modèle, Guy Konopnicki en revient à l’essentiel : "Ce vieux rêve républicain, plus moderne que toutes les mesures discriminatoires que l’on nous propose." Plaidoyer à la serpe. Mais revigorant.

LA BANALITÉ DU BIEN. CONTRE LE CULTE DES DIFFÉRENCES de Guy Konopnicki. Hugo & Cie, 170 p., 15 €.

Gérard Courtois



Source
http://www.lemonde.fr/livres/article/2009/04/03/la-banalite-du-bien-contre-l (...)




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