La région de Québec et l’ultra-droite.
Il n’y a pas de mystère à Québec. C’est, depuis les années 90, que les animateurs de l’ultra-droite règnent sur cette région. Comme le proclamait. Joseph Goebbels : « "un mensonge répété mille fois reste mensonge, un mensonge répété un million de fois devient vérité" ». Le discours néo-libéral sur le plan économique et conservateur sur le plan social, répété quotidiennement depuis des années par certains animateurs, dont André Arthur reste le prototype, a fini par devenir une vérité sacro-sainte dans une ville dont une partie importante de sa population vit en travaillant pour cet État tellement vilipendé. Paradoxe, par nécessairement, puisque ce discours dominant n’a jamais été confronté a une véritable opposition. C’est ainsi que, par un conformisme ambiant, la majorité se tait de peur d’être montrée du doigt. Ajouté à cela, la manipulation des médias locaux à jouer Québec contre Montréal, la boucle est bouclée.
Il est tout à fait légitime d’être de droite ou de faire partie de l’ultra-droite comme il est légitime d’être de gauche. Cependant, il vient de Québec, un climat d’intolérance et d’agressivité qui s’enfle au fil des semaines.
L’avortement de la manifestation du 12 ou/et du 19 février à Québec est un exemple de ce phénomène. La manifestation du 12 février déplaisait grandement à l’ultra-droite de Québec. Déjà plusieurs animateurs de radio en faisaient une manifestation montréalaise qui osait se tenir pendant le Carnaval de Québec. Le prétexte était trouvé et la presque-totalité des partis et des organismes ont penché la tête en s’excusant même d’y avoir pensé.
Des milliers de personnes à Québec ne se considèrent pas de droite ; comment peuvent-ils se regrouper pour faire face à cette ultra-droite ? Les Jeff Filion, Sylvain Bouchard, Dominic Maurais, ces pourfendeurs payés à gros prix, relayés par les Deltell, Duhaime et Marcotte ont des adeptes qui ne font pas dans la nuance. Le discours est nihiliste. Tout serait dénaturé par les cripto-socialistes qui bafouent quotidiennement le principe de la liberté individuelle, érigé en valeur fondamentale et unique de la société.
Je fais mien le diagnostic que pose le grand démographe français, Emmanuel Todd, sur son pays : « Le pays a besoin d’une gauche plus dure, estime ce « modéré qui parle brutalement ». (…) Il fustige la « gauche molle », incapable de s’opposer à la « droite dure » au pouvoir. Chaque fois qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans le pays, la presse abreuve d’insultes le peuple de France, qui ne se comporte pas comme il faut, qui n’accepte pas la réforme ». Au Québec, la gauche doit s’excuser de tout comme si elle avait été au pouvoir. Ce sont les idées de la droite qui guident les actions des gouvernements Charest et Harper. C’est grâce à la résistance des Québécois que nous n’avons pas eu un gouvernement majoritaire conservateur au Canada et que Charest n’a pas été capable de mettre en place tout son plan de réingénierie de l’État. L’ultra-droite à Québec joue la victime, alors qu’elle maintient un discours d’intolérance face « aux péquisses , aux bs, etc ». Elle est au pouvoir à Ottawa et à Québec. C’est tout de même, sous le gouvernement Harper, que l’excédent budgétaire est passé de 13 milliards $ à 56 milliards de déficit.
Les États-Unis ont été un laboratoire pour l’ultra-droite américaine représentée par Bush que notre ultra-droite salue bien bas. Le pays est maintenant dévasté par une crise économique qui n’en finit pas. Des centaines de milliers d’individus sont morts en Iraq pour retrouver des armes de destruction massive qui n’existaient que dans la tête de ses faucons. Ce grand mensonge répété, devenu vérité s’est buté à la réalité.
Nous avons le droit de ne pas vouloir singer Palin et le Tea Party. Nous avons bien des raisons pour attaquer l’intolérance de cette ultra-droite québécoise. Il est plus que temps de passer à l’action.

