Cher et incorrigible M. Pratte,
En réponse à votre question posée dans votre éditorial dominical du 2009 01 25 intitulé La bataille des Plaines, voici un début de réponse.
Pourquoi, « la France et l’Allemagne peuvent commémorer côte à côte les événements marquants de la Seconde Guerre mondiale » alors « que les Québécois de diverses origines et opinions » ne peuvent « faire de même pour leur histoire commune ? » Parce que le Canada n’est ni la France ni l’Allemagne, et parce que ces peuples ne sont pas toujours prisonniers des Conquêtes qui les ont un jour ou l’autre asservies. La France et l’Allemagne sont des États qui se sont mutuellement Conquis. Mais aujourd’hui chacun de ces États ne prétend pas que le territoire de l’autre a fait l’objet d’une Cession. Pourquoi ? Parce que chacun des peuples de France et d’Allemagne dispose d’un État qui émane de chacun d’eux. Ce qui n’est pas le cas du Canada.
Le Canada n’émane pas du peuple démocratique et souverain, ni de celui du Canada, ni de celui du Québec. Jamais cet État actuel du Canada, dans son histoire qui commence non pas comme on l’a dit en 1608 tel que fondé par Champlain par deux peuples, mais qui commence et se termine dans la Conquête, sans conditions justes, réciproques et équitables de vraie réconciliation, comme c’est le cas entre l’Allemagne et la France, non sans avoir dû faire deux guerres pour parvenir à tel résultat et réparer le tort fait dans les suites de la première. Ces torts qui dans le cas du Canada n’ont jamais été réparés voire reconnus par un État qui émanerait du peuple qu’il prétend à bon droit gouverner sans même le nommément consulter. Cette Conquête perdure dans un État qui s’impose d’autorité et de force sans jamais se nommément soumettre à l’approbation du peuple souverain du Québec. Jamais les États qui se sont succédé depuis l’Occupation militaire britannique qui a suivi le défaite des Armées du Roi de France le 13 septembre 1657 que l’on veut « commémorer » en 2009, n’ont été soumis à l’approbation du peuple souverain du Québec. Pas davantage l’État actuel et unilatéral du Canada de 1982.
Le jour où le peuple démocratique et souverain du Québec aura été appelé par le Canada à nommément et « clairement » approuver sa Constitution remodelée en fonction des volontés du peuple du Québec, ce jour-là, toutes les Re-Constitution du monde ne pourront n’être qu’une partie de notre histoire parce qu’elles feront partie d’un tout qui est fondé sur la libre et volontaire adhésion du peuple démocratique et souverain du Québec à un État qui l’agrée et qu’il agrée. Ce qui n’est pas le cas du Canada et qui explique ce que nous devrons expliquer à nos visiteurs en 2009. Des visiteurs qu’il nous faut accueillir les bras ouverts, nous sommes en cela d’accord.
En cela, oui aux Re-Constitutions des Plaines, mais seulement dans le contexte des célébrations du 250e anniversaire de naissance du peuple souverain du Québec, un peuple distinct du peuple de France, né dans le sang versé par l’amère patrie abreuvant les sillons des champs d’Abraham Martin aux sons tristes de nos chants toujours contrés par la canadianisation commanditaire de notre histoire toujours menacée de représailles et par là bloquée dans un statu quo jamais approuvé par le peuple souverain.
Luc A.
P.S.
Soit dit en passant puisque vous faites un lien avec Sir Paul McCartney...
Voilà bien détournée par sophisme interposé la logique canadianisatrice à son meilleur. À l’exemple même de la dérive médiatique de cet été dernier qui par les bons soins de La Presse entre autres médias livrés à une dérive sans précédent, a inventé de toutes pièces sur la base de mon « Mot de bienvenue... à Sir Paul McCartney » endossé par ± 200 personnes et personnalités civiles et politiques, un « mouvement d’opposition » à la venue de l’idole britannique qui n’a jamais existé.
Jamais nous n’avons « grimpé dans les rideaux » à la « seule mention de McCartney », jamais nous ne nous sommes opposés à sa bienvenue venue. Ce à quoi nous nous sommes opposés en 2008, ce à quoi nous nous opposons en 2009, c’est à la canadianisation de la fête du 400e, c’est à la canadianisation des commémorations des Batailles de Québec, et non à leur britannisation ou contre la bienvenue venue de qui que ce soit.
Du reste, nous avions bien raison d’accueillir les bras ouverts cette bienvenue venue. Le grand artiste engagé ne s’est pas trompé quant au pays qu’il visitait et honorait de sa présence. Il a brandi le seul drapeau du Québec, contrairement à Kiev où il brandissait quelques semaines auparavant le drapeau du pays où il se trouvait, l’Ukraine, accompagné de l’Union-Jack. ( 2008 08 18 -Michel Roberge - Retour sur un détournement de message ).
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