Le bilan du gouvernement Marois

100 jours : tout un rapport d’étape

Le blogue de Jean-François Lisée
mardi 18 décembre 2012

Chacun y va de son bilan des 100 jours. Pourquoi pas moi ?
Je suis évidemment juge et partie mais, un coup parti, pourquoi ne pas juger ? Plusieurs se concentrent, et c’est normal, sur les difficultés rencontrées sur le chemin. Mais si on prend un peu de recul et qu’on compare le point de départ et le point d’arrivée, on peut tirer un vrai bilan.

Probité politique


Départ  : Un régime de financement des partis politiques perméable aux fraudeurs

Arrivée  : Grâce aux lois Drainville, les dons sont plafonnés à 100$, les dépenses à huit millions par campagne, le DGE observe chaque étape du processus, la date du vote est « dépolitisée » et prévisible à date fixe (sauf en cas de gouvernement minoritaire) et les étudiants ont droit de vote dans leurs établissements scolaires. Une (des) révolution(s).

Corruption

Départ  : Une action gouvernementale libérale tardive, hésitante et suspecte, contre la corruption.

Arrivée  : Le projet de loi 1, adopté à l’unanimité, invente un nouveau contrôle de probité pour toutes les entreprises qui font affaire avec les organismes publics et des amendements permettent aux villes, comme Montréal, de faire valider la probité de leurs contractants.
Un projet de loi visant le retrait de maires accusés de fraude a poussé le maire de Mascouche à démissionner. Un projet de règlement visant la fin du placement syndical sur les chantiers, donc la fin de l’intimidation, fut adopté à l’unanimité. Les perquisitions de l’UPAC ont pris de l’ampleur dans les jours qui ont suivi l’élection du Parti québécois et ont conduit à la démission du maire de Laval. Coïncidence ? Un nouveau régime, civil, est établi pour enquêter sur les bavures policières.

Finances publiques

Départ  : De l’aveu même du ministre libéral des finances Raymond Bachand, les dépenses de l’État déviaient d’au moins 800 millions par rapport aux prévisions et ses collègues libéraux pèchaient par « enthousiasme » dans l’annonce de projets non budgétés. Un rapport KPGM-Secor calculait 80% de dépassement dans les grands chantiers.

Arrivée  : Par un effort majeur, les cibles de réduction des dépenses sont rétablies pour l’année en cours, le Québec atteindra l’équilibre budgétaire dès l’an prochain, et le poids de sa dette diminuera. Un exploit. Le dossier des infrastructures est repris en main, des priorités établies et, en un seul dossier, celui de la route du Mont Otish, l’État économise 125 millions.

Économie


Départ  : L’opposition criait à « l’angoisse fiscale » et à la « destruction de l’économie » induit par l’arrivée du nouveau gouvernement.


Arrivée  : 50 000 nouveaux emplois furent créés à l’automne, le budget annonce une stratégie industrielle d’électrification des transports avec 200 millions à la clé, un nouveau départ pour l’industrie pharmaceutique et un congé fiscal de 10 ans pour les investissements de plus de 300 millions.

Justice sociale

Départ  : Les libéraux avaient imposé une taxe santé totalement régressive, avaient programmé une hausse de 20% des tarifs d’électricité et avaient réussi à déconsidérer le réseau de garderies.


Arrivée  : L’allègement de la taxe santé permet à 3 millions de Québécois d’augmenter leur pouvoir d’achat, les tarifs d’électricité ne suivront que l’inflation et le système de garderie s’étendra à tous les enfants. Un crédit d’impôt aidant les familles à financer les activités culturelles et sportives entre progressivement en vigueur. Un important virage vers les soins à domicile (110 millions pour la première année) est en marche, porteur d’une meilleure qualité de vie et de meilleurs contrôles des coûts.

Langue

Départ  : Neuf ans de déni libéral se sont soldés par une régression de l’utilisation du français au travail, surtout à Montréal, et ont conduit à une marginalisation des francophones sur l’île.

Arrivée  : La nouvelle Charte de la langue française étendra la loi 101 à toutes les entreprises à charte fédérale désireuses de faire affaire avec des organismes publics québécois (pour ainsi dire toutes), soit 10% de l’activité économique du Québec, entamera une transition des entreprises de plus de 25 employés vers un environnement de travail en français, imposera la présence d’employés pouvant servir la clientèle en français en tout temps dans les commerces, augmentera significativement les compétences françaises requises pour les candidats à l’immigration et étendra les services de francisation pour les immigrants déjà arrivés. Des avancées majeures. Une réflexion est en cours pour la rétention des familles sur l’île de Montréal.

La liste est trop longue : fin de la saga de l’amiante et du nucléaire, annulation de l’absurde hausse des droits de scolarité et abrogation de la liberticide loi 78, engagement d’un débat difficile mais salutaire sur l’avenir des universités, de leur qualité et de leur financement.
Tout ça en 100 jours. Moi, je suis fier de ce gouvernement. Je suis content d’en être.

Qu’en pense l’électorat ? Selon des calculs fondés sur le modèle du site 308, les sondages de ce samedi donneraient un gouvernement majoritaire au PQ, si des élections étaient tenus aujourd’hui. Pas mal.

Mes 100 jours

J’ajouterais pour ma part avoir préféré ne jamais commettre d’impair, évidemment, mais je suis fier d’avoir corrigé le tir lorsque ce fut le cas et surtout d’avoir pu, en 100 jours et avec l’appui de mes collègues, indiquer à la métropole que le gouvernement du Québec se réinvestit pleinement dans l’avenir de Montréal, d’avoir fait voter par l’Assemblée nationale une résolution unanime contre le retrait de l’aide canadienne à l’autorité palestinienne, d’avoir rendu plus transparente la négociation commerciale Canada-Europe, d’avoir mis sur pied un comité de travail sur la rétention des familles à Montréal, d’avoir ouvert le premier des bureaux d’Expansion Québec, d’avoir défendu les talents québécois à Kinshasa, Paris, Washington et New York, d’avoir entamé un dialogue avec les Anglo-québécois.

Je suis aussi content d’avoir réussi à tenir ce blogue et encore plus heureux de vous y retrouver nombreux.

Jean-François Lisée, ministre dans le gouvernement Marois

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